En quittant leur terre d’origine, les réfugiés espèrent se soustraire à une situation pénible ou à un danger, mais le parcours emprunté pour échapper à ce contexte d’hostilité peut lui-même être éprouvant, voire traumatique.

Arrivés sur la terre « d’asile », les obstacles et désillusions peuvent encore fragiliser des individus en grande précarité psychique. En s’engageant dans la procédure de demande d’asile, les migrants doivent passer par le témoignage. Or, ce témoignage exige de se remémorer des instants difficiles, que le cerveau peut avoir bloqués pour se protéger. De plus, il est souvent difficile de témoigner lorsqu’on ne parle pas la langue du pays.

Quel peut être l’impact de ses témoignages douloureux pour le demandeur d’asile ? Peut-on parler de pathologies spécifiques aux réfugiés ?
Élise Pestre, maître de conférences à l'Université Paris Diderot, auteure du livre La vie psychique des réfugiés, aux éditions Petite Bibliothèque PayotLeslie Carretero, journaliste pour InfomigrantsMélanie Kerloc'h, psychologue clinicienne pour Médecins sans frontières (MSF) depuis 2013, responsable des activités de santé mentale du Centre MSF pour mineurs non accompagnés à Pantin, en région parisienneAlhassane Cherif, psychologue clinicien et ethno-psychanalyste en Guinée Conakry, président de l’Association guinéenne des psychologues cliniciens,président fondateur de l’association Maison Sunjata Keita de Paris (centre de médiations culturelles et d’aide psychologique aux familles migrantes) et professeur d'un master de psychologie clinique et psychopathologie, à l'université Sonfonia de Conakry.
Et le reportage de Charlie Dupiot.